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Phobies : Comprendre ses angoisses
Empreinte psychologique d’un traumatisme, la phobie est trop souvent interprétée comme une faiblesse de caractère. Elle toucherait deux fois plus de femmes que d’hommes. Mis sur le compte de la
timidité ou d’une personnalité introvertie, son impact est banalisé. Il s’agit pourtant d’une maladie mentale qui peut occasionner des désagréments physiques.
La phobie est l’extériorisation à retardement d’un choc physique ou émotionnel. Elle est le prolongement exagéré d’une peur tout à fait normale. “L’anxiété fait partie de la nature humaine. Elle
a quelque chose de sain, de bénéfique, puisqu’elle est instinctive. La peur nous prémunit contre le danger.”
L’anxiété devient cependant pathologique lorsqu’elle crée une cassure dans le comportement de la personne.
Elle engendre alors un bouleversement dans la vie quotidienne du patient, pouvant empoisonner ses relations et occuper son esprit de manière obsessionnelle.
Les phobies seraient en nombre infini, puisqu’elles se nourrissent précisément d’éléments situationnels. Comme photographiés, les détails de la scène du drame resteraient gravés dans la mémoire
et dans le corps de “la victime de ce concours de circonstances.”
Un enfant brutalisé par son père pourrait ainsi associer son malaise non pas à la violence paternelle, mais à autre chose. À l’odeur de cuir par exemple, si l’enfant se fait frapper avec une
ceinture. Une phobie peut donc aboutir à une autre, par association. “Avec cette façon de s’installer, on peut développer une phobie avec n’importe quoi!”
Chaque individu réagit différemment face à une situation angoissante ou embarrassante. Certains vont adopter un comportement d’évitement, d’autres auront la faculté de s’adapter et dissimuleront leur gêne sous le rire ou la plaisanterie. Dans le premier cas, l’environnement représente une menace pour l’individu. C’est donc un terrain fertile au développement de la phobie.
Puisqu’elles concernent le rapport avec autrui, la phobie sociale et l’agoraphobie auraient plus de répercussions sociales que la phobie spécifique (vis-à-vis de quelque chose de précis, comme la
peur des araignées). On ne choisit pas de s’isoler du monde. Il s’agit d’une réponse comportementale à une situation que l’on ne sait pas gérer, et donc que l’on préfère éviter. Les phobies
engendrent souvent des complications majeures, comme la toxicomanie, la dépression ou encore l’alcoolisme, qui renforcent l’isolement de l’individu.
La phobie se développe généralement au cours de l’enfance, lorsque la personnalité n’est pas encore construite. “La personnalité est un amalgame de deux choses, une prédisposition à réagir, modelée dans un environnement.” La phobie peut donc être transmise socialement, c’est-à-dire au contact de son entourage, par apprentissage et par observation.
La socialisation de l’enfant et, par conséquent, l’attitude des parents, jouent un rôle important dans le développement de la phobie. La phobie peut se développer par imitation du
comportement des parents.
Les parents peuvent “exacerber la prédisposition génétique de l’enfant” s’ils ne lui apprennent pas à gérer une situation d’anxiété, mais l’encouragent à adopter un comportement d’évitement. Un parent introverti ou asocial risque d’inciter son enfant à s’isoler de camarades qui auraient refusé de jouer avec lui plutôt que de le pousser à persévérer pour s’intégrer à un groupe de pairs.
L’inconnu effraie, mais il est important d’apprendre à affronter ses peurs, et ce, dès l’enfance. Le phobique grandit souvent dans un milieu trop protecteur. Il n’apprend pas à faire face à des
situations difficiles, qui demandent un effort de maîtrise de soi. Le phobique préférerait donc éviter de se trouver dans des situations angoissantes et déstabilisantes plutôt que d’y être
confronté.
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