L'entrée en thérapie

L'entrée en thérapie


Pour quelle raison décide-t-on un jour d'entreprendre une thérapie ?

Notre vie est jalonnée de moments de transition qui bousculent parfois profondément notre faculté d'adaptation. Puberté et adolescence, vie lycéenne et universitaire, mariage, séparation, décès de personnes proches, changement d'orientation professionnelle, retraite... Ajoutons à cela des traumas plus anciens qui nous enchaînent à notre passé et nous empêchent de progresser avec aisance et l'on aura un éventail déjà très vaste de tout ce qui peut mettre à mal notre équilibre physique et psychique. Dans ces moments parfois difficiles, il nous arrive d'avoir besoin d'une aide extérieure. Pour faire le point, souffler, réfléchir calmement, reprendre des forces, comprendre tout ce qui bouge à l'intérieur de nous. Une aide aussi pour faire des choix importants, prendre des décisions parfois lourdes de conséquences, tourner une page de notre vie pour en écrire une nouvelle. Nous décidons alors d'entreprendre une thérapie, d'aller consulter un psy. En général, on franchit le pas lorsque l'on a atteint le seuil de l'intolérable. On subit, on supporte, on supporte, et puis, un jour, voilà la goutte qui fait déborder le vase ! Là, on se dit qu'il est temps de faire quelque chose, qu'on a besoin d'aide, que si l'on ne fait pas quelque chose, cela va mal finir. Le mal-être, le problème, la douleur, peu importe, sont tels que l'on prend rendez-vous !


Qui va-t-on consulter ?

Cela dépend de quantité de critères : notre éducation, nos croyances, nos lectures, ce que nous disent nos voisins ou nos amis... C'est ce qui fera que vous prendrez rendez-vous chez un psychiatre alors que votre voisine ira voir un magnétiseur, que votre cousine ira voir un psychanalyste, que votre meilleure amie ira consulter un hypnothérapeute, etc. Nous avons aujourd'hui le choix de frapper à quantité de portes pour soulager nos maux physiques ou psychiques.


Bon, donc, j'ai pris rendez-vous avec un thérapeute de mon choix. Que se passe-t-il ensuite ? Quel est le but d'une thérapie ?

S'il s'agit d'une thérapie ou d'une psychothérapie, le but est d'apporter une réponse au problème exposé par le patient. Que cherche-t-il ? Veut-il arrêter de fumer ? Modifier ses comportements alimentaires ? Trouver une solution pour sortir d'une situation qui ne lui convient plus ? Apaiser une douleur ? Retrouver un équilibre dans tel ou tel domaine de sa vie ? Se débarrasser d'une phobie ? Faire baisser son niveau d'angoisse ? Disposer d'un outil pour agir sur son stress ? Se préparer à quelque chose ? Comprendre pourquoi il souffre de telle affection psychosomatique ?... Le thérapeute et le patient, alliés au sein d'une même démarche, s'attachent alors à mettre en oeuvre des ressources, une dynamique permettant d'initier un processus de changement. Oui, je dirai que le but premier d'une thérapie, c'est le changement. C'est le rétablissement de notre adaptabilité. En fait, le but, c'est de recréer du mouvement ! Vous savez, quand vous avez besoin d'aide, c'est que vous êtes "coincé", immobilisé dans une situation dont vous ne parvenez pas à sortir. Vous tournez en rond. Il s'agit donc de créer un mouvement, même un mouvement infime, mais un mouvement suffisant pour en créer un autre et puis un autre. Ce processus va peu à peu devenir autonome et le mouvement va prendre de plus en plus d'ampleur jusqu'au moment où la vie de l'individu ne sera plus la même. Nous serons passés de l'immobilité, d'une situation de blocage, à une situation où le mouvement peut trouver à s'exprimer et à s'épanouir.


Mais alors, très concrètement, qu'apporte une thérapie ?

J'ai envie de dire qu'elle apporte trois choses. Une thérapie, c'est d'abord une découverte de soi, d'une partie de soi qui nous échappe, à savoir les raisons qui nous conduisent à agir de telle façon, à réussir ou à échouer, à être heureux ou déprimé, timide ou audacieux, etc. En ce sens, on peut dire qu'une thérapie apporte un peu de "lumière". Elle nous permet de vivre ancré dans le présent et en harmonie avec notre passé.
C'est aussi une découverte de nouvelles ressources personnelles capables de déclencher un processus d'évolution ou de changement. A ce propos, il me paraît important de souligner que le changement, ce n'est pas seulement la transformation d'une situation ou d'un état de "mal" en état de "bien" ; c'est d'abord la découverte de nouveaux modèles de possibilités. Comme je le disais à l'instant, cette acquisition induit une plus grande adaptabilité, une plus grande souplesse face aux diverses situations de la vie quotidienne.
Enfin, ce qui est loin d'être négligeable, la résolution de nos conflits libère une énergie fantastique auparavant mobilisée pour mettre en oeuvre d'épuisants systèmes de défense. Les forces vives ainsi retrouvées peuvent alors être utilisées d'une façon positive.

 


L'hypnose


L'hypnose fait-elle une différence entre problèmes physiques et problèmes psychiques ?

Pour moi en tout cas, le plus important, c'est l'individu, la personne unique qui est là, devant moi et qui demande de l'aide. Et cette personne unique va me conduire à mettre en oeuvre une démarche unique. La possibilité d'être en harmonie avec soi - et ensuite avec autrui - dépend d'abord de la qualité de la communication que nous entretenons à la fois avec notre esprit et notre corps, éléments aussi interdépendants que les deux faces d'une pièce de monnaie. Accompagner un individu dans sa démarche d'épanouissement, c'est lui permettre de découvrir et de dépasser ses carences, ses limites, ses déformations, tant sur le plan physique que sur le plan psychique. Et puis, plutôt que de parler de "problème", je préfère parler d'expression, de symptôme. Ce qui gêne le patient, ce qui le fait consulter, c'est une limite qui peut prendre une expression physique ou une expression psychologique. Ne soyons donc pas réducteurs ; dans la forme même qui sera donnée à la thérapie, le thérapeute, en fonction de son école, mais aussi de son talent, de son art, de son intuition, de son relationnel avec le patient, peut choisir de passer par l'esprit, ou bien par le corps. Encore une fois, la thérapie, c'est quelque chose qui est toujours en mouvement et une séance ne ressemble pas à une autre séance.


L'hypnose serait donc au carrefour du corps et de l'esprit ?

Elle l'a toujours été et c'est ce qui fait sa richesse. Vous savez, le corps est le reflet fidèle des drames qui se déroulent au plus profond de nous. Par les rides, voussures, tics, crampes, tensions, il raconte notre histoire, traduit nos conflits. La médiation corporelle, je dirai que c'est l'ensemble des techniques qui lui permettent de s'exprimer enfin librement. Ce passage par le corps nous remet en phase avec nos sensations, il nous replace en situation d'écouter les messages venant de l'intérieur de nous. On n'a pas besoin de connaître de handicaps particuliers dans sa vie personnelle pour découvrir par exemple tous les bienfaits des techniques de relaxation. Nous avons tous besoin de nous réapproprier notre corps. Nous avons tous besoin de le découvrir ou de le redécouvrir, d'apprendre à y lire ce que le temps y a inscrit et de défaire les noeuds que la vie y a faits. Je vais encore faire le parallèle avec un instrument de musique. Le temps, l'humidité, le soleil, les chocs... désaccordent l'instrument et il faut intervenir sur lui pour retrouver une belle sonorité. Eh bien, le corps a lui aussi besoin, parfois, d'être "réaccordé" pour interpréter avec bonheur la symphonie de la vie.


C'est tout de même curieux que cette discipline thérapeutique traîne encore derrière elle
une telle odeur de soufre...

C'est vrai, il y a derrière l'hypnose quantité de peurs, de préjugés, d'idées reçues ! Et cela, depuis toujours ! C'est une discipline qui suscite des positions très peu nuancées ! D'un côté, c'est l'adhésion et l'enthousiasme, de l'autre c'est le rejet.

 

Comment expliquez-vous cela ?

Probablement parce qu'il y a derrière le mot hypnose deux notions qui font peur ou qui mettent mal à l'aise : la notion d'inconscient, et la notion de pouvoir. L'inconscient d'abord : c'est un univers mal connu, n'est-ce pas ? C'est comme le sommeil, on en rapporte peu de choses, et on continue à se demander ce qu'il y a dans ce fameux inconscient, tout comme on se demande ce qu'il y a dans ce mystérieux état hypnotique... Ensuite, il y a le pouvoir, cette idée qui a la dent dure selon laquelle l'hypnotiseur pourrait faire faire ce qu'il voudrait à la personne hypnotisée. C'est faux, bien sûr, mais c'est comme la rumeur : elle court, elle court...


Que diriez-vous de l'hypnose aujourd'hui ?

Je dirai que, malgré sa longue histoire, c'est une méthode de traitement moderne dont le champ d'intervention est très vaste. Les résultats souvent spectaculaires qu'elle permet d'obtenir, la réponse rapide qu'elle peut apporter à de nombreux troubles somatiques ou psychologiques, expliquent son succès. Elle excelle dans tant de domaines ! pédiatrie, gynécologie, sexologie, dermatologie, cardiologie, gastro-entérologie, rhumatologie, pneumologie, oto-rhino-laryngologie, neurologie...

 

Mais plus précisément, dans quels troubles peut-on faire appel à l'hypnose ?

Sans que cela soit exhaustif, on peut citer les résultats remarquables des thérapies par hypnose dans les états dépressifs, les angoisses et les phobies, les dépendances au tabac ou à l'alcool, les troubles du comportement alimentaire, les troubles de la sexualité, la lutte contre la douleur, la gestion du stress, la préparation à l'accouchement, la préparation aux examens et aux compétitions sportives..., et aussi dans un vaste éventail de pathologies psychosomatiques. Enfin, si on considère le champ de la traumatologie psychique, l'aspect régressif de l'hypnose nous permet de nous réapproprier notre passé en en revivant les épisodes douloureux pour enfin les intégrer, et nous donne ainsi la possibilité d'écrire une nouvelle page de notre vie. Qu'il s'agisse de l'état hypnotique lui-même, réparateur et reconstructeur, ou de l'imagerie mentale mise en oeuvre avec l'aide du thérapeute, il FAUT dire que l'hypnose ouvre la porte à des changements profonds dans tous les domaines de la vie de l'individu.



A vous entendre, on dirait que l'hypnose peut répondre à tous les maux !

Pas du tout ! Ce n'est ni une panacée, ni une baguette magique ! Force est pourtant de constater qu'elle permet d'obtenir des résultats souvents très étonnants. Et ce n'est pas seulement Jean-Charles Bettan qui dit cela ; de plus en plus de médecins, chirurgiens, dentistes, psychologues... s'accordent sur le fait que l'hypnose donne en thérapie des résultats tout à fait probants dans de nombreux domaines médicaux et psychologiques. Il y a aujourd'hui en BELGIQUE des hôpitaux dans lesquels on pratique des interventions chirurgicales parfois lourdes avec une "anesthésie" par hypnose. De plus en plus de dentistes utilisent des techniques très simples d'hypnose pour intervenir sans douleur. Et tout cela n'est pas nouveau mais notre pays qui, pourtant, a été précurseur, et qui est aujourd'hui en retard.


Il est vrai aussi qu'il n'y a pas beaucoup d'hypnothérapeutes...

C'est tout à fait vrai, alors que la demande du public existe !

Et il est vrai aussi que, dans une approche thérapeutique aussi délicate, le public hésite parfois à aller consulter un praticien si celui-ci ne lui a pas été recommandé...
Cela se comprend parfaitement et c'est très bien ainsi ! L'hypnose est un domaine où la confiance la plus claire doit présider à la relation entre patient et thérapeute.



Les thérapies par hypnose


Le public se pose beaucoup de questions sur l'hypnose. Vous voulez bien éclairer un peu notre lanterne ? Qu'est-ce qu'on ressent pendant une séance d'hypnose ?

Du bien-être, un grand calme, une grande détente. On se sent tellement bien qu'on trouve toujours le temps trop court et qu'on regrette de devoir "revenir".



Est-ce que je vais rester conscient et me souvenir de tout ?

La plupart du temps, c'est comme si une partie de vous restait là tandis qu'une autre partie allait gambader dans un autre état de conscience. A la fin de la séance, vous pouvez vous souvenir de tout ce qui s'est passé, ou bien seulement d'une partie. Il y a peu de cas d'amnésie totale.



C'est vrai que vous pourrez me faire faire n'importe quoi ?

Bien sûr que non ! Nous avons en nous un gardien qui veille sur notre morale, nos valeurs. Si le thérapeute vous demande de faire quelque chose qui va à l'encontre de votre morale, vous ne le ferez pas, ou bien vous vous "réveillerez". En hypnose, nous pouvons faire des choses réellement prodigieuses, mais on ne nous fait pas faire quelque chose que nous ne voudrions pas faire. En revanche, l'hypnose vous permet de réaliser des choses que vous ne pouviez pas réaliser auparavant, ou d'exprimer des choses que vous ne pouviez pas exprimer.



Combien de temps dure une séance ?

C'est variable ; une heure au maximum, mais en fait, peu importe la durée ! On peut obtenir autant de résultats en dix minutes qu'en une demi-heure.


Qu'est-ce que vous allez me faire pendant la séance ?

Il y a plusieurs façons d'utiliser l'hypnose. Il y a tout d'abord une hypnose dans laquelle le patient demeure (a priori !) passif. Je veux dire par là que c'est le thérapeute qui parle, qui apporte des informations, des suggestions, des métaphores... Le patient est le jardin, je suis le jardinier.


Mais vous allez aussi me faire parler ?

Pas forcément ! Parfois oui, et parfois non. Il y a des techniques hypnotiques dans lesquelles le thérapeute interroge la personne, ou du moins son inconscient. Nous partons à la recherche d'informations qui permettront au patient de progresser, de trouver des solutions, de surmonter des obstacles. Il y a aussi une hypnose plus ludique dans laquelle nous laissons à l'imaginaire du patient la bride sur le cou. C'est un outil particulièrement efficace d'évolution personnelle.



Et les régressions ?

L'hypnose régressive constitue un outil essentiel du champ de la traumatologie psychique. Elle fait partie des outils majeurs dans une hypnoanalyse. C'est une des formes de cette hypnose plus active que je viens d'évoquer. On a recours à elle lorsque la difficulté rencontrée aujourd'hui (ou le symptôme) semble être l'écho d'un événement passé, ou de plusieurs. Dans ce cas, le fait de remettre en parallèle le symptôme et l'événement qui lui a donné naissance rend le symptôme inutile et le fait disparaître. Ceci est bien sûr un résumé...



Qu'est-ce que l'hypnose sèche ?

C'est l'utilisation de l'état hypnotique lui-même, et non plus des suggestions du thérapeute, pour permettre au patient de trouver une solution à sa difficulté. L'état hypnotique est en effet en lui-même réparateur, reconstructeur. C'est un peu comme si l'inconscient profitait de cet état pour reconstituer un puzzle dont les pièces ont été éparpillées. C'est pour moi l'hypnose la plus pure. Mais il y a très très peu de praticiens qui savent utiliser cette approche. Elle nous vient des pays de l'Est et il est possible de la rendre considérablement plus efficace qu'elle l'était il y a quelques 40 ou 50 ans.



Combien de temps dure une thérapie ?

Sauf dans quelques cas précis, on ne le sait pas. Vous êtes un individu unique et votre thérapie sera donc unique. Ceci dit, par rapport à la plupart des approches thérapeutiques, l'hypnose est unanimement considérée comme une thérapie brève. Une thérapie symptomatique peut durer de une à dix séances, une hypnoanalyse de quelques mois à plusieurs années.


On m'a parlé de l'effet "retard" en hypnose. Qu'est-ce que c'est ?

Pour faire un parallèle avec l'induction hypnotique, on ne sait jamais de prime abord si le patient va entrer en hypnose dès les premières minutes de la séance, ou bien au bout de cinq minutes, ou bien de dix... On ne sait pas non plus s'il va dès la première fois entrer dans une transe profonde, ou plutôt légère... Eh bien de la même façon, il y a des patients dont le changement s'opère instantanément, en une seule séance. Chez d'autres, il s'opère progressivement, de séance en séance. Et enfin, il arrive que chez certaines personnes, le changement se déclenche plusieurs jours, voire plusieurs semaines après l'issue de la thérapie. C'est çà, l'effet "retard" de l'hypnose. C'est un peu comme si l'inconscient avait besoin de ce temps de latence pour organiser, pour préparer au mieux le changement.



Au bout de combien de séances faut-il cesser l'hypnose si l'on n'obtient pas de résultats ?

C'est une vieille idée reçue de croire que l'hypnose ne "marche" pas sur tout le monde. Il y a une toute petite partie de la population qui n'est pas perméable à la suggestion et cela peut s'expliquer, même si c'est un peu long. La plupart du temps, ces personnes ne persévèrent pas au-delà de deux séances. Leur "imperméabilité" est une protection et tant qu'elles ne sont pas prêtes à travailler sur cette protection, il est inutile d'insister. Mais encore une fois, je parle là d'une infime minorité. Pour les autres, je crois simplement qu'il y a un temps pour tout. Un temps où nous sommes prêts pour le changement, et un temps où nous croyons que nous sommes prêts. Or, si vous croyez seulement que vous êtes prêt et que vous ne l'êtes pas réellement, vous pourrez choisir n'importe quelle approche thérapeutique, vous n'obtiendrez pas les résultats escomptés. Cela signifie que, si l'on arrête sa thérapie par hypnose, ce n'est pas parce que l'hypnose ne "marche" pas ; c'est parce que le temps du changement n'est pas encore venu et qu'une partie de nous a besoin du symptôme. Cela peut vous choquer mais c'est ainsi. Il faut accepter de parler des résistances au changement, qui sont souvent très fortes...


On dit que, pour pratiquer l'hypnose, il faudrait avoir un "don" : c'est vrai ou c'est faux ?

C'est faux ! L'hypnose est une technique et, comme toute technique, elle peut s'apprendre. Après, ce qui fait la différence entre plusieurs personnes qui auraient appris cette technique, c'est... disons le talent ! Mais c'est la même chose pour tous les apprentissages, n'est-ce pas ? Sur dix personnes ayant appris à jouer du piano, il y en aura très peu qui joueront de cet instrument avec un réel talent.



On dit que l'hypnose ne ferait qu'effacer des symptômes : vrai ou faux ?

C'est faux ! Comme dans beaucoup d'autres thérapies, le praticien peut effectivement s'attacher à faire disparaître un symptôme, mais il peut aussi rechercher avec le patient les raisons, souvent inconscientes, qui ont donné naissance à ce symptôme. Dans le premier cas, il utilisera purement et simplement la suggestion. Dans le second cas, il proposera au patient d'entamer une hypnoanalyse car il n'est pas forcément bon de faire disparaître un symptôme...


On dit aussi qu'il faut avoir une maladie pour se faire traiter par hypnose...

C'est toujours faux ! L'objectif d'une thérapie par hypnose n'est pas forcément de guérir de quelque chose. Certaines personnes sont poussées par un désir d'évolution personnelle. On peut ne connaître aucun problème particulier, ni physique ni psychologique, ni relationnel, mais avoir envie de mieux se connaître afin de faire davantage de sa vie. Dans ce cas, une hypnoanalyse permet de comprendre qui nous sommes et pour quelles raisons nous sommes ainsi. En nous dévoilant leur origine véritable, elle éclaire d'un jour nouveau nos penchants, nos attirances et nos répugnances, nos peurs, notre comportement familial, affectif, social. Elle souligne les raisons de nos échecs et de nos réussites. Elle nous permet ainsi de progresser. On voit souvent l'hypnose comme un outil de guérison ou de changement ; c'est aussi un outil de progrès.



C'est vrai que tous les hypnotiseurs utilisent les mêmes techniques ?

Bien sûr que non ! Tout d'abord, il y a "hypnotiseur", "hypnothérapeute" et "hypnoanalyste". Le premier fait du music-hall, le second de la thérapie essentiellement symptomatique, le troisième de l'analytique. Par ailleurs, l'hypnothérapeute soigne effectivement la plupart du temps des maladies, c'est-à-dire qu'il intervient sur des symptômes, alors que l'hypnoanalyste s'intéresse à des malades, à des individus toujours uniques, ce qui est fondamentalement différent. Cela signifie qu'il doit faire preuve d'une grande souplesse, d'une grande capacité d'écoute pour s'adapter à la personne qui est en face de lui. Aussi bien pour induire l'état hypnotique que pour exploiter l'état hypnotique, il utilisera donc des méthodes différentes, en harmonie avec une personne donnée.



Je suppose que vous avez entendu maintes fois l'idée selon laquelle l'hypnose, pour que ça marche, il faut y croire ! Qu'est-ce que vous répondez ?

Que c'est faux ! D'abord, ceux qui n'y croient pas n'iront probablement jamais voir un hypnothérapeute, ou alors, ils sont incohérents avec eux-mêmes. Donc, je ne vois pas l'utilité de débattre d'une question aussi stérile. Si vous ne croyez pas à l'efficacité de l'acupuncture ou de la psychanalyse, vous n'allez pas voir un acupuncteur ou un psychanalyste ! Ce qu'on peut répondre en revanche, c'est que nous sommes tous hypnotisables, mais que nous n'entrons pas tous dans l'état hypnotique de la même façon. D'où la souplesse dont je parlais il y a un instant, cette souplesse avec laquelle le thérapeute doit s'intéresser à ses patients. Il ne va pas calquer sur chacun d'entre eux un protocole standard. Il existe quantité de moyens de permettre à quelqu'un d'entrer dans l'état hypnotique, que ce soit à des fins thérapeutiques, ou de détente, ou d'évolution personnelle. Ce qu'il faut trouver, c'est LE moyen qui conviendra à telle personne.



Quand on dit que l'hypnose est une thérapie brève, vous êtes d'accord ?

Oui, bien sûr ! Cela ne signifie pas que l'on obtient des résultats en claquant des doigts, mais le nombre de séances en hypnothérapie n'a rien à voir avec des approches thérapeutiques plus traditionnelles. Ceci dit, il faut en finir avec l'idée que l'hypnose peut résoudre tous les problèmes en une seule séance. Seuls de très rares cas sont justiciables d'une séance unique. Et encore !... cela dépend de la structure, au sens analytique, de l'individu, et de la pratique propre à chaque thérapeute.


Juste de sa pratique ?...

Et aussi comme je l'ai dit il y a un instant... de son talent...

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