Le terme de fibromyalgie n'est pas très ancien et on souffre parfois de ce syndrome sans savoir qu'on en est atteint. On le découvre souvent en consultant un rhumatologue à qui on fait part de ses souffrances. En fait, 2 à 5 personnes sur 100 souffriraient de fibromyalgie et la plupart des malades atteints de cette pathologie rhumatismale non articulaire seraient des femmes.
Les principales caractéristiques de ce syndrome sont au nombre de quatre :
- d'abord la douleur, l'hypersensibilité ou la sensation de brûlure qui frappent les muscles, les tendons, les ligaments;
- un sommeil hâché, non récupérateur, souvent accompagné de fatigue et raideur matinales;
- une fatigue chronique ;
- enfin une sensibilité anormale de certains points musculaires très particuliers au nombre de 18, points que l'on retrouve quasi-systématiquement chez les
malades et qui ont pu en conséquence être cartographiés.
On ne connaît pas les causes exactes de la fibromyalgie et les chercheurs ne peuvent émettre aujourd'hui que des
hypothèses. Chez certaines personnes en effet, la maladie se développe progressivement, sans que l'on puisse relier son apparition à une raison déterminée. Chez d'autres au contraire, on semble
mettre en cause un certain nombre de facteurs : un accident de voiture, une blessure accidentelle, une maladie virale, une intervention chirurgicale, une infection, un choc émotif ou un stress
physique... Autant de causes possibles qui, de toutes façons, constituent toutes des chocs, des stress, et modifient l'équilibre de l'individu.
Il n'existe à l'heure actuelle aucun moyen de guérir la fibromyalgie. Le traitement vise seulement à soulager la douleur et les autres symptômes. Parmi les
mesures ou les moyens pris en ce sens, on trouve bien sûr les antalgiques, mais aussi des exercices physiques d'étirement, des massages et des médicaments destinés à améliorer le
sommeil.
La fibromyalgie ne produit pas de déformation ou d'infirmité mais les douleurs qu'elle fait apparaître chez le patient sont la plupart du temps source de handicaps et de frustrations. Au
fur et à mesure que la maladie se développe, c'est toute l'économie de l'individu qui se trouve atteinte. En effet, devant l'intensité de la douleur, les malades n'ont souvent d'autre choix que
de réduire leurs activités pour éviter de souffrir. Cette baisse d'activité elle-même finit par mener à une diminution de la force musculaire et rend encore plus difficile la reprise des
activités. La dépression s'installe alors et vient obscurcir le tableau clinique. On imagine aisément qu'une personne qui dort mal et qui souffre sera forcément fatiguée tout au long de la
journée. Son manque d'énergie retentira sur son psychisme et elle ne pourra plus mener à bien des tâches parfois élémentaires, aussi bien dans le cadre professionnel que dans le cadre familial
ou social.
A son tour, l'abandon de certaines activités ou responsabilités va induire un supplément de stress et d'angoisse. Et pour ajouter une dernière couche à ce stress, soulignons que l'apparente
bonne santé de ces malades rend leur attitude d'autant moins compréhensible aux yeux de leur entourage, employeurs, amis et famille confondus. La boucle infernale est bouclée !
Nous considérons personnellement que la maladie et son cortège de symptômes sont déclenchés par une tension qui s'accumule progressivement. Cette tension peut trouver son origine dans un
événement ponctuel brutal et violent (accident, choc émotif...), ou bien dans une situation stressante longtemps maintenue (conflit familial, activité professionnelle où domine la
concentration...), ou encore dans une inadaptation ou une désadaptation aux conditions de vie (qu'elles soient professionnelles, familiales, affectives, climatiques...). Pour résumer la chose
d'une façon imagée, imaginez un ressort en extension progressive, continue, un ressort que l'on ne ramènerait jamais à son état initial, et vous comprendrez aisément ce qui peut se passer à
l'intérieur de notre organisme. C'est comme si nos ressources étaient mobilisées en permanence.
Cette permanence empêche dans un premier temps l'individu de prendre conscience de la tension qui s'installe en lui. Ensuite, il est trop tard : la rigidification s'empare des muscles, des
tendons, des ligaments. Le corps oublie cet automatisme physiologique qui veut qu'une tension soit suivie d'une détente. Les choses s'enchaînent alors inexorablement.
Il n'est donc pas étonnant que tous les moyens susceptibles de réduire cette tension permettent d'observer une amélioration de l'état du malade. Parmi ces moyens, on trouve une technique de
relaxation spécifique dont l'objectif est de réapprendre au corps ce qu'il a oublié, à savoir la différence entre un état de tension et un état de non-tension. Avec cette approche, le corps
réapprend tout simplement à ressentir et "déconnecte" automatiquement les tensions dès qu'elles apparaissent.
Une autre approche thérapeutique permet d'aller encore plus vite dans ce ré-apprentissage : c'est l'hypnose. Plus que jamais, dans la fibromyalgie, la technique hypnotique occupe une place
prépondérante au carrefour du corps et de l'esprit. En état d'hypnose, en effet, le thérapeute est en mesure d'abaisser le seuil de la tension psychique en même temps qu'il induit une détente
objective du corps, muscles, tendons et ligaments confondus. Les résultats sont rapides et pour qu'ils soient durables, le travail du thérapeute s'accompagne parfois d'un aspect régressif
destiné à mettre à jour et à vider l'abcès de tension. En remontant dans l'histoire du patient, on va en effet rebrancher celui-ci sur un (ou des) événement traumatisant situé souvent à
l'origine du déclenchement de la maladie. La reviviscence pleine et entière de l'événement permettra alors de l'accepter et de l'intégrer. L'individu aura gagné en adaptabilité.
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